Nicaragua

 

 

 

Huitième pays que nous traversons et ne visitons pas, au vu de la guerre civile qui s'y déroule depuis plusieurs mois.

 

Seulement 3 jours pour environ 400 km. Nous passons beaucoup de temps aux frontières pour être en règle, à peu prés 2h30 pour rentrer dans le pays et 1h30 pour en sortir.

 

La monnaie locale est le Cordoba.

 

 

 

Voici le récit de notre traversée

Traverser un pays en guerre civile 

 

Nous nous sommes lancés dans une triste aventure : traverser le Nicaragua. Ce pays est dans une situation critique depuis 3 mois maintenant. Tout a commencé lorsque le président Ortega a décidé de baisser les retraites tout en augmentant les cotisations. La loi de trop pour les étudiants, qui se sont soulevés les premiers pour défendre leurs droits. Les manifestations ont immédiatement tourné au drame avec l'annonce de 3 morts. Malgré le retrait 4 jours plus tard de la réforme, le mal est fait et le mouvement prend une ampleur nationale. Désormais le pays est dans une impasse. La population réclame le départ du couple Ortega en place depuis ces 11 dernières années, et de l'autre côté le couple ne veut pas céder le trône.

 

Une grande pression était sur nos épaules depuis plusieurs mois. Grâce à la communauté des voyageurs, nous étions au courant de la situation au Nicaragua dès son commencement. Nous suivions toute l'évolution de la situation avec une certaine appréhension. La révolution prenant une dimension importante, certains d'entre-nous ont refusé de tenter l'aventure et ont fait demi-tour pour essayer de prendre un ferry partant du Mexique direction la Colombie. Nos amis, la tribu du monde, (Claudia Mallet Tribu Du Monde) de leur côté ont tenté l'aventure et se sont retrouvés dans une situation critique. Un stress supplémentaire pour nous. La seule réjouissance que nous avions, était de s'apercevoir que les informations françaises ne parlaient quasiment pas de cette situation Ce fut une pression en moins sur nos épaules, vis-à-vis de notre entourage.

 

Nous concernant, nous avons tenté le tout pour le tout. Au commencement, nous devions traverser la frontière du Nicaragua le 14 juillet. Sauf que, 2 jours avant, nous apprenons qu'une mobilisation de niveau national était programmée les 12, 13 et 14 juillet. Donc nous décidions de repousser notre entrée au 15 juillet. Après avoir fait de la paperasse à tout va et avoir payé pour la fumigation, le permis d'importation de notre véhicule, le permis d'importation de notre chienne, l'assurance de notre véhicule, nous apprenons que nous avons légalement 3 jours pour traverser le pays. Pour vu qu'il ne se passe rien, car le délai est court

C'est parti pour 3 jours de traversée. Grâce à nos supers amis voyageurs, Karin et Lars (Lars Scheibling), nous avons l'itinéraire parfait. Ayant franchi le pays 4 jours avant nous, ils nous donne leurs conseils et le trajet idéal. Nous suivons scrupuleusement leurs conseils. Nous confirmons qu'il était idéal: seulement 2 barrages de police déployés et 4 barrages citoyens non déployés (en retrait sur le bas côté de la route). Nous sommes notamment passés entre 2 villes en totale guérilla: Unan-Managua et El Chipote.

 

A la fin du deuxième jour, on se dit que finalement la situation du pays s'est améliorée. Que le pire est passé. Nous n'avons eu aucune difficulté à parcourir les routes du pays. Sauf que, ce soir-là, je fais la rencontre d'une famille nicaraguayenne qui tient un boui-boui dans lequel nous mangeons. Pendant que la mamie nous prépare un repas, je questionne la mama sur la situation. Elle me raconte des atrocités et me dit que la révolte perdure. Nous avons une chaîne d'info en continu devant nos yeux qui ne cesse de montrer des cadavres de jeunes étudiants assassinés par les militaires et des familles qui réclament justice pour leurs enfants morts.

 

2 chocs visuels:
Le premier, c'est la vision de cette mère à la télévision qui accompagne le cercueil de son fil de 20 ans, Gerald Vàsquez, qui pleure et qui hurle " mon fils ne devait pas mourir comme ça !!!!!!!!!". Son fils ayant été tué par les militaires lors d'une manifestation.
Le deuxième, c'est l'histoire de cette photo que je vous ai mise en illustration. Il s'agit du docteur Blanca Cajina qui a osé porter secours aux étudiants massacrés par les militaires durant une manifestation, qui se voit à son tour violenter par un militaire cagoulé. Cette photo était en boucle sur toutes les chaînes durant notre court séjour.

La situation est grave. Les nicaraguayens méritent toute notre attention. Certains n'osent pas prononcer les mots de "guerre civile". Le bilan s’élève à 351 morts et 2 100 blessés depuis le début, comment vous appelez cela ?

Le pire, c'est que face à la révolte et à la détresse, le président ose détenir des manifestants en prison, accuse 3 universités d'acte terroriste, continue de donner l'ordre aux militaires de tuer les manifestants et accuse également les parents des étudiants qui ont manifesté d'acte terroriste

Halte à la dictature

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